Another brick in the wall

Parlons donc ressources et tournons-nous vers un matériau d'avenir : la brique. 
Un peu de terre argileuse, du soleil ou un bon four et vous voici aussi heureux que Darius I er en son palais de Suze (je n'invente pas). Oui, à l'époque, la Mésopotamie était à la pointe de la connaissance et des nouvelles technologies ; il s'en passait des trucs entre le Tigre et l'Euphrate dès le VIII ème millénaire av JC, ce serait bien de s'en souvenir de temps en temps et de rabattre un peu son caquet. Alors bien sûr, Rome (l'antique) nous a rationalisé tout ça. Crues, cuites, carrées, en triangle... on voit bien que ça ne tombera pas sous le palais d'un agueusique et qu'avec la bénédiction de Marco Polo et un peu d'espionnage industriel, les créatifs cuistos de la botte sauront en tirer parti.
Oui, ça me fait fantasmer d'imaginer que les pâtes italiennes sont nées ainsi par quelques rapprochements créatifs pré-industriels ! Y a pas de petits plaisirs, surtout gastronomiques (déclare la fille pas loin de se suicider à force de régime macrobiotique et qui pleure devant sa poignée de grains entiers... nan, mais c'est pas si terrible).
Je vous passe l'époque gothique (non, pas Marilyn Manson) et même industrielle (non, pas Einstürzende Neubauten) : vas-y que je te fasse pousser des briqueteries, des fours et des cheminées partout, un ravissement pour le paysage. Le béton, le ciment et l'acier d'après-guerre ont vite fait le ménage, enfin façon de parler, et puis fatalement : chocs pétroliers, prise de conscience écologique ( vraiment ?), la brique nous revient... mais crue.
Tout comme la raw food (s'exclame l'obsédée de la bouffe, qui se rêve en Gretel devant la maison en pain d'épice, ou en  Averell des Dalton qui mange l'assiette en terre cuite et trouve cette tortillas très bonne ).
On appelle ça l'adobe.
Non, les p'tits gars créatifs, je ne parle pas de la suite Adobe, Photoshop, Illustrator (qui tire plutôt son nom d'Adobe Creek, rivière de Californie probablement argileuse). Mais pourrait y avoir du sens et de la réf commune.
 
Résumons : un truc écologique, ancestral et transmis par des générations d'ancêtres, cru, qui se mange (enfin d'après Arevell, mais je vais peut-être finir par y venir), soyez honnête, on ne va pas passer à côté ? D'accord, on en a vu plein les cafés faussement New-Yorkais surtout à Paris et les canaux d'Amsterdam vous en ont rempli les yeux à ras bord... mais là, je parle de chez vous, dedans, à l'intérieur, dans votre cuisine par exemple. Mieux... dans ma cuisine !
Pas de la brique Lilloise rouge-orangée, façon classe ouvrière exploitée par le Kapital (salauds de pauvres ! Salaud de Dédé la Saumure, non, je m'égare...). 
Non, de la brique racée, d'un délicat rose corail, mate, légèrement poudrée et passée, telle une délicate pâtisserie de Cyril Lignac ... Quoi, vous me suspectez de vouloir manger le mur entier ? Moi, qui ne suis que probité, ascèse et équilibre du Principe Unique et qui ai renié pas loin de 20 ans de vie à consommer du lactose et du blé au gluten dénaturé ? Y des briques qui se perdent.
 
¿Cuándo se come aquí ?
 
Crédits photo : Bulthaup

Je vous l'accorde, c'est de saison semble-t-il, de vouloir s'enfermer derrière des murs.
Mais, cessons de lancer des pavés dans la mare (gardons les pour les barricades) et parlons brique.
Pas de Legos, einh, qui semble immortelle ; au moins jusqu'à ce qu'on épuise les réserves d'hydrocarbures de notre pauvre planète, soit une petite trentaine d'années d'après les experts. Gageons bien moins longtemps vu la nouvelle orientation politique d'un des plus gros consommateurs d'énergie de ce bas-monde. On devrait être sur le bon chemin, celui qui glisse. Dois-je vraiment passer mon permis de conduire du coup ?

14 Nov 2016
Objets de désir
11:41