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Indignez-vous !

Une promenade nocturne à Paris ce vendredi 27 novembre, quelques jours avant le lancement de la "21ème Conférence des parties", vous aurait trouvé, comme moi, l'oeil attiré par un léger décalage dans l'atmosphère de la ville. Atmosphère, atmosphère ? Quelque chose dans l'air vous interpelle, mais quoi ? Tout est pareil, sans être pareil, comme si certains repères avaient changé.
Et c'est bien sûr ! Quelles sont ces curieuses affiches décorant les abribus de la société JCDecaux (tout neufs et connectés ; saviez-vous que dans les mâts des dits abribus se cachent des antennes Gsm 3G et 4G ? Chouette, une pollution supplémentaire par les ondes...) ? 
Une expression graphique de talent hautement improbable sur de tels supports, zéro accroche publicitaires, des visuels qui semblent bien parler de notre bonne vieille Terre et des dangers qui la menacent, elle et ses hôtes...
On se réjouit, on applaudit, on s'interroge. Comment ? JCDecaux, sponsor officiel des négociations de la COP 21, se serait payé l'incroyable luxe (et auto-promotion) non pas d'une campagne d'affichage, comme les petits copains EDF, Air France & co surfant sur l'actualité vertueuse du moment afin de se refaire une virginité dans l'esprit du public, mais d'une mise à disposition de ses supports à des artistes engagés et enragés ?
 
On rêve, non ? 
 
Et, oui, on rêve. On a beau chercher sur le site de l'entreprise JCDecaux, elle ne pipe pas mot sur le sujet. Alors, on y regarde de plus près et l'on s'aperçoit que certaines affiches sont installées un peu de travers, comme dans l'urgence. Et que d'autres sont carrément revendicatives, dotées de messages explicites et subversifs (les plus incisives ? Total : "Notre philosophie : vous n'avez pas besoin de savoir ". Wolkswagen : " we're sorry that we got caught " "Pas de pub, pas de regret"... )
Détourner ainsi le langage marketing avec tant d'humour ne peut être le fait du fabriquant de mobilier urbain.
Et le petit esprit rebelle qui se cache en nous, comme le génie dans sa lampe, en soupire d'aise. La liberté d'expression telle qu'on la chérit, soit avec beaucoup d'intelligence, de créativité et un beau pied de nez aux institutions a réussi à fleurir sur le bitume.
 
On le doit à Brandalism, collectif d'artistes insoumis qui a détourné 600 affiches et panneaux publicitaires dans Paris (son mode d'action "guerilla art" est décrit dans le Next de Libération, article de Clémentine Mercier.).
Et eux d'ironiser : " Je me demande comment JCDecaux va résoudre les problèmes du climat alors que ce sont eux qui polluent. Des pollueurs importants peuvent faire leur promotion comme s'ils faisaient partie de la solution, alors qu'ils font en fait partie du problème."
 
On respire presque un peu mieux, vous ne trouvez pas ?
 
 
 
 

http://www.brandalism.org.uk/

la cop 21 s'est installée en nos murs. manifestations et actions des sociétés civiles et des militants du climat prévues à cette occasion ont été réduites comme chez balzac à une peau de chagrin ; état d'urgence qu'ils disent... malgré tout, certains artistes et graphistes se jouant des interdictions prennent la parole en s'emparant de l'espace public.
ainsi en est-il du collectif "brandalism" qui semble avoir fait sienne l'exhortation du célèbre (et controversé) stéphane hessel. 

30 Nov 2015
Air du temps
09:47