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Tsubame,une hirondelle qui fait le printemps

Ça tombe bien, du riz, y en a dans la cantine familiale de la rue de Douai. Et pas que. Dans les bentos raffinés (beaux et en en bambou, qui, comme le reste de la vaisselle, créent chez vous des pulsions de kleptomanie aggravée), des produits frais et de saison, avec au choix une dominante viande, poisson ou légumes. Du bœuf au saké, du poulet croustillant, du porc parfumé... Du maquereau grillé, du saumon au teriyaki, du thon juste cuit...  Des brocolis à la crème de wasabi, du chou rouge, des aubergines marinées, des haricots verts au sésame, de la salade de pomme de terre... Les associatons changent souvent et l'on ne s'en plaint pas.
Ne vous avisez pas de les commander tous, vous en auriez pour un moment avant de finir même en tentant de faire passer le tout avec l'authentique bouillon dashi au tofu servi en entrée. 
Car en plus d'être savoureuse et saine, la cuisine est roborative.
 
Mais est-ce suffisant pour faire se gaver de salade d'algues au tofu frit et de racines de lotus marinées tout So Pi depuis 3 ans (et la planète trendy avec) ?
Alors voilà le premier secret : en cuisine, il y a une chef, Masumi Tao qui officiait précédemment aux Batignolles, chez Atao. Avec son amoureux Clément N'guyen, ils ont créé ce havre de plaisir et de bien-être.
D'ailleurs, le nid de l'hirondelle est aussi délicat et frais que sa cuisine.
Des murs clairs en pierre, de très beaux Noren,  tissus peints suspendus en vitrines ou sur les murs, une vaisselle simple et raffinée, des tables de bois à la Nakashima, avec piètement Singer...si, si, les machines à coudre... Ça vous donnerait presque envie de pédaler en dégustant votre dessert : crème brûlée au thé ou glace au macha et sésame noir ?
Deuxième secret (de Polichinelle) : les prix sont riquiquis. Conséquence et rançon d'une gloire méritée, le lieu est prisé et pris d'assaut.
Arrivez donc tôt ou tard, que ce soit pour manger sur place ou emporter. 
En vous cachant sous le comptoir vous pourriez presque rester jusqu'au crépuscule, à l'heure où comme dans le voyage de Chihiro, tout s'illumine et s'éveille à de nouvelles sensations. De cantine, Tsubame se transforme en izayaka: petite échoppe où l’on se sustente de "tapas" japonais, ici essentiellement dédiée au poisson.
On n'oublie pas de goûter le saké, le nihonshu traditionnel. Du riz, y en a là aussi, mais il est poli !
Et promis, vous ne serez pas transformé en gras cochon jouisseur comme les parents gloutons de Chihiro... Y a pas de sorcières Yubaba, et puis, vous savez vous tenir quand même ? Non ?
un petit coup de blues grincheux sous la pluie de paris ? un seul remède, on se précipite chez tsubame. l'hirondelle, en japonais, mais si vous cherchez bien, vous trouverez aussi la trace du kitsune, le renard, esprit farceur mais également bienveillant lorsqu'il est associé au dieu du riz inari.
 

23 Mai 2016
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