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Maison Wa : for relaxing time...

"C'est ma maison, ma maison... " aurait chanté les Oui-Oui, Michel Gondry en tête. Le réalisateur s'y sentirait très à l'aise, tant une certaine poésie littéraire et fantaisiste y est à l'oeuvre. Témoins, les délicates traductions (qu'on imagine littérales) des cartels d'objets exposés, du japonais au français, qui sonnent comme autant d'haikus loufoques....
"Poetry is what gets lost in translation" nous dit le poète américain Robert Frost par la voix de  Sofia Coppola ; pas ici !
 
Une "maison" de plus, me direz-vous. Quelle mouche revendicative pique donc ces honnêtes commerçants drapés ainsi dans une appellation qui à force de re-dite perd de fait sa légitimité (Maison Pinson, Maison Kitsune, Maison M... n'en jetez plus ! A lire sur ce thème l'article de Côté Paris de ce mois).
Sans rentrer dans les nuances de la langue japonaise, subodorons ici que l'ajout de la particule "wa" (qui renforce la position de "maison" en tant que sujet) insiste bien plus sur la notion de foyer, "home" pour nos autres amis insulaires.
 
La pirouette de cette lecture à plusieurs entrées est cependant révélatrice ; on parle ici de savoir-faire, on se positionne dans l'excellence mais aussi dans la tendance, celle qui veut que les "makers" soient les nouveaux héros d'une société en mal d'éthique.
Pour preuve, on retrouve ici les porcelaines Arita, admirées sur M&O cette année. 400 ans de tradition, ça vous redonne le goût de la patience et du travail bien fait.
 
Les objets exposés composent un ensemble au premier abord hétéroclite : vélos, écharpes, baguettes, ciseaux.... Ces humbles offrandes du quotidien vous invitent pourtant benoîtement au voyage ; le Japon vous tend la main, et d'un coup d'éventail vous montre la direction : celle tout en chemins de traverses, qui passe par les traditions séculaires et vous amène pourtant à une modernité originale et sans complexe. Ou comment, à travers les interstices d'une société longtemps corsetée, a éclos une fleur à nulle autre pareille, celle de la culture contemporaine nippone. Raffinée, exquise, parfois déroutante...
Dépaysement garanti. Vous ne ferez qu'effleurer du doigt cet énigmatique continent (rappelez-vous Antoine Doisnel et les "femmes japonaises" dans Domicile conjugal de François Truffaut). Et comme tant d'autres, vous porterez un regard fasciné sur cet indicible qui ne se dévoile jamais tout à fait.
 
 
Maison Wa
8, bis rue Villedo
75001 Paris

maison wa a ouvert ses portes cet été, livrant au grand public et aux professionnels sa cargaison d'objets nippons, du plus traditionnel ou plus audacieux : céramiques, textiles, maroquineries n'attendent que votre regard pour s'éveiller.
fruit du désir du tokyoïte acclimaté à paris, yoshiaki shiokawade, de jeter un pont entre les cultures nippone et française, l'espace tout de blanc clinique peut rebuter par son premier abord industriel. persévérez ! l'accueil y est délicieux et répond au wa du nom et de son logo : un cercle de paix et d'esprit nihon. so desu ne !! 

17 Oct 2015
Lieux
05:41